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Pschitt2002.net, l'arbre qui cache la forêt

par Alexandre Piquard - publié le 21/03/02 - Réagir à cet article sur le forum

Une page perso anti-chirac de plus ? Pschitt2002.net est en fait le dernier-né d'une bande de socialistes qui agit en sous-main, contre leurs homologues chiraquiens. La net campagne n'est plus ce qu'elle était...

"Liberté, égalité, impunité, Odeurs d'immigrés et courbettes FN, Valse des juges et des Jupettes, Emplois fictifs et vrais salaires, Voyage, Voyages..." Sur la homepage du site Pschitt2002.net, une animation flash tire à boulets rouges sur Jacques Chirac et conclut sans appel : "En 2002, pschittez-lui le trognon jusqu'au dernier pépin judiciaire !" Lancé officiellement il y a quelques jours, Pschitt2002.net n'est pas qu'un site satirique de plus contre le locataire de l'Elysée. On dirait plutôt un sorte de portail anti-Chirac d'un genre un peu nouveau : plus beau, plus fourni et plus professionnel que les autres, il étonne par sa qualité, notamment de ses détournements d'affiches de cinéma : Injugeable, Les Vacances de Mr Culot, La vache et le prisonnier, Jacky, un ami qui vous prend pour des thons... L'humour de potache militant règne bien sûr, comme dans le jeu "L'Union est marteau", qui propose tout simplement d'écraser à la masse les trognes des ténors de la droite. Pourtant, les auteurs ont pris soin de rassembler des documents intéressants sur l'ex-Maire de Paris, de la vidéo ralentie du crachat de Mantes-la-Jolie à l'enregistrement de la citation sur le bruit et l'odeur, en passant par les poignées de main avec Le Pen ou Didier Schuller. Enfin, l'internaute sérieux peut même consulter un dossier de presse sur les déboires judiciaires du Chi, forcément touffu.

Milou ? Tintin...
Mais qui se cache derrière Pschitt2002.net ? Sur le site, une mention copyright attribue le chef d'oeuvre à un certain Milou. Cet anonyme serait en fait un jeune graphiste webdesigner qui agirait à titre bénévole et individuel. La source de sa férocité créatrice viendrait, elle, d'une lecture assidue du Canard Enchaîné depuis le plus jeune âge... Si cette histoire est belle, elle est un peu courte et mérite qu'on y regarde à deux fois. En recherchant à qui appartient le nom de domaine, on ne trouve encore que d'énigmatiques pseudonymes : Jean de Paris et Kiki de Paris. Pourtant, le contact technique est plus intéressant : "Baculard Reffait", un nom qui se comprend à l'aune de son adresse email (admin@wiwa.fr) et de son serveur d'hébergement (ns1.wiwa.org). Vincent Baculard et Jean-Dominique Reffait font partie des dirigeants de l'agence Wiwa, spécialisée dans la communication sur Internet. On flaire naturellement un bon coup de pub pour une petite société dont c'est le fond de commerce. Et pour cause, Wiwa, créée en 2000 au sein du groupe Mercuria, donne en effet parfois dans la communication politique : elle a réalisé le site de la Fédération de Paris du Parti socialiste pour un montant avoisinant les 10 000 euros et le site partisan france-elections, lors des municipales de 2001. Contacté au téléphone, Jean-Domnique Reffait dément en fait cette version : "J'agis à titre purement individuel, Wiwa n'a rien à voir là-dedans. J'ai simplement hébergé le site de Milou sur nos serveurs à titre gracieux, parce qu'il y avait de la place.", se défend-il. Et on le croit bien, puisque Jean-Dominique Reffait a d'autres raisons d'aider un jeune webmaster aux élans anti-Chirac : il est membre du Parti socialiste et un élément actif de Temps Réels, sa section virtuelle dédiée aux nouvelles technologies. Et ne s'en cache pas. Il se définit comme un "homme de communication" et n'est pas né de la dernière net campagne : il a auparavant travaillé avec Dominique Strauss-Kahn lors des régionales de 98, puis avec Hollande lors des Européennes de 99. Aujourd'hui, il compte bien se battre pied à pied contre les chiraquiens en ligne. Et il n'est pas le seul. "Nous sommes en fait une sorte de petit groupe d'une vingtaine de personnes, qui travaillons de façon informelle et indépendante.", explique Jean-Dominique Reffait.

Fight Club au nom de la Rose
Si elle se veut informelle, la bande a en fait une sorte "d'attaché de presse" : Jean-Bernard Magescas, un autre militant socialiste, lui aussi membre de Temps Réel depuis sa création. Jean et Kiki de Paris, c'est lui. "L'été dernier, j'ai repéré une page perso qui traitait les voyages de Chirac de façon caustique et je suis rentré en contact avec son webmaster.", explique ce consultant indépendant spécialisé dans les nouvelles technologies et telecoms. De ce rapprochement fondateur, les compères socialistes vont tirer une méthode, qui consiste à fédérer le maximum de petits sites anti-Chirac possibles. Quand à la fin 2001, les pages perso s'accumulent et attirent trop d'audience pour leur petits hébergeurs gratuits, Magescas prend les choses en main et aide une ribambelle de sites à devenir de vrais sites sous divers noms de choix : Chiracopoly, Votez Chirac, Bilanchirac, Passion Pognon, Pschitt2002.net, Pschitt2002.com, Chirac en vrac, Chirac pour les nuls, etc. etc. La deuxième vitesse est passée, la net campagne présidentielle peut commencer. Forte d'une quinzaine de sites et d'une vingtaine de membres, la bande communique aujourd'hui par mail et se réunit régulièrement chez l'un ou chez l'autre. Singeant une sorte de Fight Club au nom de la Rose, ils s'appellent par des sobriquets de guerre : Kiki de Paris ou Milou, mais aussi Courgette, Collectif Idées ou le pas triste Clown Lyrique...

Moutons noirs et esprit d'équipe
Chacun est autonome et donne en fonction de son temps, du moment que Jospin avance en ligne. Mais discrètement, bien sûr. Car le Parti socialiste ne veut naturellement pas que ces initiatives trop rentre-dedans lui soient attribuées. En effet, le débat sur les méthodes à employer dans la netcampagne a été clos par DSK lui-même : pas de coups bas. "Nous ne sommes pas d'accord !", s'exclame Magescas, qui avec ses amis de Pschitt veut être plus gonflé. Du côté de l'équipe du site officiel, on feint à moitié de les ignorer : "J'ai vu Pschitt2002, j'ai trouvé ça plutôt drôle. S'il y a beaucoup d'initiatives de sites, tant mieux. Je ne sais pas qui l'a fait mais il est possible que je connaisse les auteurs.", louvoie Julien Bezille, qui collabore à lioneljospin.net, dont la touche la plus "caustique" est Monsieur Vouzémoi. Ce technicien et rédacteur, lui aussi membre de Temps Réels, résume bien la situation : le parti ferme les yeux sur les manoeuvres peu orthodoxes de ceux qui feignent de se croire les "moutons noirs" du PS. Cette mascarade de vengeurs masqués et de vierges effarouchées est bien sûr générale, puisqu'à droite, une autre petite bande fait elle aussi parler d'elle avec ses coups fumants : celle issue de l'agence l'Enchanteur des nouveaux médias et réunie sous l'ensemble plus large L'Espritdequipe. On y croise l'ancien webmaster de l'Elysée Xavier Schallebaum, le président de l'Union en Mouvement Renaud Dutreil ou encore Orianne Garcia, la start-pulpeuse fondatrice de Caramail. Revendiquant 250 membres, tous plus ou moins issus du microcosme de la nouvelle économie parisienne, l'Esprit d'Equipe a sa galaxie de sites coups bas : Gauchestory, Jacquespote.com, Jospin probable ou encore Avecchirac.com, une sorte d'alternative au site officiel Chiracaveclafrance.net.

Sacs de riz pour la Corrèze
Entre les deux bandes rivales, quelques différences, mais beaucoup de point communs. Les jospinistes agissent plus discrètement mais envient les moyens des chiraquiens, "un milliard de fois mieux coordonnés et soutenus". A droite, on a progressivement renoncé à l'anonymat, à force de se faire tracer par les journalistes et les méthodes se veulent "à l'américaine". Mais dans les deux cas, les partis afichent la même fausse gêne : "Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ? Tant mieux s'il y des chiraquiens en ligne. Ce n'est pas sur le même plan.", explique le webmaster du site officiel de Chirac, Xavier Moisant. Ce dernier salue aussi la qualité et l'humour inhabituels de Pschitt2002.net, alors que sa newsletter, du temps où il s'occupait du site 2002pourlafrance.net, a plusieurs fois été malicieusement réécrite et réenvoyée par Kiki de Paris alias Jean-Bernard Magescas, qui rit encore de son "Opération sacs de riz pour les enfants de Corrèze." A droite comme à gauche, personne ne veut se mouiller, pour les mêmes raisons : "Il y un flou jurisprudentiel total. Personne ne veut aller devant les tribunaux et risquer l'invalidation de l'élection ou des comptes de campagne. Les partis officiels n'ont donc pas le choix, ils doivent rester sages officiellement.", avoue Jean-Dominique Reffait.

Jouer avec le feu
En effet, tous les sites coups bas sont potentiellement diffamatoires et chacun sait les efforts déployés par exemple par Jospin pour se dire "désolé" d'avoir ironisé trop vite sur l'âge du capitaine Chirac... Si Magescas se dit prêt à crier "Chirac en prison !" pendant toute l'audience en cas de procès en diffamation, la gêne est bien réelle. Documents hautement sensibles, les comptes de campagne doivent en effet recenser toutes les dépenses et le droit électoral ne tolère pas que des entreprises fassent des dons en nature non-comptabilisés. Un autre protagoniste de gauche résume : "Les choses ne sont pas si floues que ça. Par exemple, si quelqu'un se pique de montrer que le service d'hébergement gracieux rendu par l'agence Wiwa au Parti socialiste est une entorse au droit électoral, ça peut être très mauvais." En attendant, les fantassins des deux camps continuent de foncer dans la net campagne, tremplin unique pour les ambitions personnelles de nombre de second couteaux. Tous espèrent que la présidentielle 2002 sera la première et dernière fois qu'ils sont pris dans un tel dilemme. "Il faudra bien à un moment donné se demander quel rôle Internet doit jouer dans la politique. Pour le moment, tout ceci est très expérimental.", avoue Jean-Dominique Reffait. On voit ça.


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Matignon brûle-t-il ?

  "Il faut croire qu'il y a le feu à la maison pour que M. Jospin se déclare aussi rapidement.", ironise Patrick Devedjian, conseiller politique du RPR. Pour lui, la candidature du 20 février est une décision "panique".


En 2007, l'élection présidentielle revient sur Presidentielles.net : http://www.presidentielles.net

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